Ça fait belle lurette que notre journée est divisée en vingt-quatre heures. On peut remonter jusqu’aux Romains et aux Gaulois, il faut toujours attendre vingt-quatre heures pour passer à demain. Oui, mais voilà. À part les jours d’équinoxe, deux fois par an, jour et nuit se partagent les heures de façon trop inégale.

Pour faire semblant de rien, pour nier cette injustice, les anciens divisaient le temps où brillait le soleil et celui où on ne voyait goutte dehors et pas grand-chose dedans, je veux dire le jour et la nuit, en périodes de douze heures, quelle que soit la saison. Une fois pour toutes, du chant du coq jusqu’au coucher du soleil, on comptait douze heures, en décembre comme en juin.

notre coq préféré
Notre coq’préféré

Du coup, les heures n’avaient pas la même durée le long des mois de l’année. Elles n’avaient pas non plus la même durée le jour et la nuit. À côté, l’heure d’été, c’est de la rigolade ! Histoire de mettre tout le monde d’accord, on sonnait les cloches aux clochers de nos églises. Matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres, complies. Du milieu de la nuit à l’heure du coucher suivant, il y avait de quoi sonner ! Un vrai boulot à plein temps pour les carillonneurs. Pour que tout le monde entende bien défiler les heures, il a fallu construire des églises un peu partout, évidemment. Je vous dis pas le coût des travaux ! À côté, le prix d’une Rolex c’est du pipi de chat.

Enfin, pour bien désigner le vrai coupable, l’initiateur de toute cette pagaille et de cette folie sonore, celui qui chante immanquablement à l’aube de chaque jour, on a empalé des coqs sur nos clochers. Des faux, je vous rassure. Mais là, Saint-André-le-Désert s’est distinguée. Notre commune s’est refusée à mutiler l’animal. Grâce lui soit rendue, notre coq préféré est entier, notre coq a conservé ses pattes !

JD, avril 2019

N.B. : pour ce qui est de la façon de scander le temps, je ne dis que la vérité.
Pour le reste…

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